Depuis deux ans, on a usé et abusé de ce terme désormais attaché à notre président : le « bling-bling ». Si elle ne désigne pas un concept nouveau – on parlait auparavant de « tape à l’œil » –, cette onomatopée a la vertu de condenser tout ce qui, associé au clinquant, finit par verser dans le mauvais goût. Et certaines marques du luxe, françaises ou italiennes, ne sont pas loin de cela lorsqu’elles se permettent de commercialiser des sandales minimalistes au prix d’une paire de Weston ou des T-shirts qu’on croirait sortis d’une friperie au tarif d’un vol aller/retour pour Rome.
Je suis passé récemment devant une vitrine proche de celle de Lobb, et qui exposait fièrement des baskets noires à un tarif semblable à celui des souliers du célèbre bottier anglais. Mais je serai toujours enclin à préférer l’original à la copie, surtout quand cette dernière vaut dix paires de Vans sans en avoir le style. Le comble du ridicule est que, chaussé de ces ersatz de chaussures de sport, personne n’oserait mettre un coup de pied dans le ballon qu’un enfant aurait envoyé rouler à ses pieds.
Je suis d’ailleurs persuadé que le designer de ces baskets « hype » – que l’étiquette m’invite à qualifier de « sneakers » – porte une vieille paire de Superga ou de Converse qu’il n’échangerait pour rien au monde avec celle qui trône dans cette vitrine du Faubourg Saint-Honoré. Preuve de goût…
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