jeudi 8 octobre 2009

Noir et blanc


Aujourd'hui encore, j'ai vu un de ces types du monde de la mode arborer, lors d'une interview, ce qui est désormais l'uniforme des gens trendy : l'ensemble costume et cravate noirs sur une chemise blanche. Le bouton de son col de chemise était, d'ailleurs, resté ouvert. Ce détail n’a rien d’anodin : il ne traduit pas une quelconque négligence vestimentaire de la part d’un tel personnage, trop soucieux de son apparence, mais plutôt le désir d’affirmer un côté « rebelle » – de circonstance lorsqu’on gravite dans des milieux comme celui de l’art ou celui de la mode – malgré son ensemble strict qui pourrait le faire prendre pour un croque-mort.

Car l’habit noir, traditionnellement, était réservé à certaines professions – les prêtres, par exemple – ou occasions solennelles. Dans ce dernier cas, il s’agissait de jaquette, de frac ou de dinner jacket. En tout cas, la tenue noire n’était pas portée ordinairement.

Dans Reservoir Dogs, Quentin Tarantino affubla ses gangsters de cet accoutrement. Plus tard, c’est à Samuel L. Jackson et John Travolta qu’il fit reprendre ce style. Notons que, compte tenu de leurs activités, leurs chemises ne restaient jamais blanches très longtemps. Dans Matrix, l'agent Smith illustre à quel point cette tenue peut participer d'un clonage massif.

Si le noir et blanc permet aux daltoniens d’éviter des mariages de couleurs douteux, il aide aussi ceux qui n’ont ni goût ni personnalité de dissimuler – sous couvert de mode – leur manque de sens esthétique. Leur esprit moutonnier les dispensera au moins du cruel dilemme auquel sont soumis beaucoup d’hommes qui tentent d’associer une chemise, une veste et une cravate sans ressembler à un marchand de photocopieurs

dimanche 2 août 2009

Bling

Depuis deux ans, on a usé et abusé de ce terme désormais attaché à notre président : le « bling-bling ». Si elle ne désigne pas un concept nouveau – on parlait auparavant de « tape à l’œil » –, cette onomatopée a la vertu de condenser tout ce qui, associé au clinquant, finit par verser dans le mauvais goût. Et certaines marques du luxe, françaises ou italiennes, ne sont pas loin de cela lorsqu’elles se permettent de commercialiser des sandales minimalistes au prix d’une paire de Weston ou des T-shirts qu’on croirait sortis d’une friperie au tarif d’un vol aller/retour pour Rome.

Je suis passé récemment devant une vitrine proche de celle de Lobb, et qui exposait fièrement des baskets noires à un tarif semblable à celui des souliers du célèbre bottier anglais. Mais je serai toujours enclin à préférer l’original à la copie, surtout quand cette dernière vaut dix paires de Vans sans en avoir le style. Le comble du ridicule est que, chaussé de ces ersatz de chaussures de sport, personne n’oserait mettre un coup de pied dans le ballon qu’un enfant aurait envoyé rouler à ses pieds.

Je suis d’ailleurs persuadé que le designer de ces baskets « hype » – que l’étiquette m’invite à qualifier de « sneakers » – porte une vieille paire de Superga ou de Converse qu’il n’échangerait pour rien au monde avec celle qui trône dans cette vitrine du Faubourg Saint-Honoré. Preuve de goût…

samedi 1 août 2009

Ridgeway

La semelle ridgeway est un hybride entre la semelle cuir et la semelle gomme : elle les associe afin de concilier la légèreté de l’une au confort de l’autre. On la trouve normalement sur des chaussures de détente : derbies golf ou chasse (Weston et Paraboot commercialisent des modèles devenus célèbres, disponibles en différents types de semelle). Si elle permet d’alléger l’allure de la chaussure, cette dernière conservera néanmoins un côté rustique qui devrait la tenir éloignée du costume gris au profit d’un ensemble plus friday wear. Aussi, on la préfèrera en marron, qui accompagnera, mieux que le noir, un chino ou un blue jean.

mercredi 29 juillet 2009

Je suis invité à un mariage

Penser à éviter :
  • le costume noir (à moins qu'il ne s'agisse d'une jaquette) ou, pire, la tenue flirtant avec le friday-wear,
  • la chemise de couleur (surtout l’abominable couleur prune) et/ou avec col à pointes boutonnées (quant aux manches courtes, n'en parlons pas...),
  • la cravate noire (sauf si c'est vous qui servez les boissons) ou à l’effigie de Mickey ou Gaston Lagaffe (on pardonnera toutefois cela à un enfant de 8 ans),
  • les chaussures à semelle en caoutchouc,
  • la ceinture avec un énorme logo en guise de boucle (même si c’est du CK ou du D&G),
  • le téléphone portable accroché à la ceinture (et merci de bien vouloir l’éteindre avant d’entrer dans l’église !),
  • un parfum trop envahissant,
  • etc.

mardi 28 juillet 2009

Sunglasses



« Never hide » : il est sûr qu'en ce moment, on y échappe difficilement. Pour être voyantes, les Wayfarer le sont plutôt pas mal, cet été. Et pas seulement à cause de leurs couleurs (blanches, rouges, roses...) qui complètent les habituelles versions noire ou écaille. Mais il n'est quasiment plus possible de sortir dans la rue sans en croiser une paire toutes les deux minutes.
Une des explications de cet engouement soudain pour ces lunettes mythiques tient au marketing des nouveaux propriétaires de la marque Ray Ban, nettement plus entreprenant que celui du fondateur (qui marquait les verres des lunettes du « BL » signifiant Bausch & Lomb). Et visiblement, ça marche. L'opticien italien Luxottica, qui a récemment acquis la marque Oakley, possède désormais la plupart des marques emblématiques de lunettes de soleil.
Reste que ceux qui ont connu les Wayfarer avec les Blues Brothers, Joe Strummer ou Tom Cruise, apprécieront avec modération ce sentiment d'avoir quelque chose en commun avec les clones en slim / porkpie hat / Ray Ban qui tentent désespérément de ressembler à cette icône cheap qu'est Pete Doherty. Les miennes resteront dans un tiroir dorénavant.

lundi 27 juillet 2009

Vestibule

Si j'ouvre ce blog, qui n'est pas le premier à parler de l'habillement masculin, c'est parce que, parmi les magazines et sites consacrés à cette question, rares – mais ils existent ! – sont ceux qui savent distinguer élégance, dandysme et obéissance servile au marketing des industriels de la confection. Les articles sur la mode ressemblent trop souvent à des concours de « sape », enclins à un tape-à-l'oeil douteux dont un mnimum de bon goût nous fera percevoir l'incongruité.

Puisque désormais, en ouvrant un blog en cinq minutes, n'importe qui peut se prendre pour un expert en n'importe quoi, je tâcherai donc de ne pas sombrer dans la subjectivité prétentieuse de celui qui en sait moins qu'il ne croit. J'ai moi-même accompli certains des forfaits vestimentaires que je dénonce, mais une parfaite mauvaise foi m'autorise à le nier catégoriquement.

Le reste, à suivre...