La gent masculine se divise en deux grandes catégories : ceux qui se servent d’une ceinture pour faire tenir leur pantalon et ceux qui usent de bretelles. Les premiers représentent indiscutablement la fraction majoritaire de la population, et donc une cible plus intéressante pour les commerçants.
En France, le type le plus répandu de bretelles se fixe à l’aide de pinces. Pour les modèles plus traditionnels – qui s’attachent sur des boutons cousus à l'intérieur du pantalon – le made in England demeure la référence. Le système hybride – permettant de choisir pinces ou attaches – que l'on trouve parfois chez nous est, à l'usage, assez inconfortable.
Je me fournis volontiers chez Albert Thurston dont la collection offre un choix allant de la sobriété absolue – notamment pour accompagner des habits de soirée – à des motifs plus voyants. Rappelons que cet accessoire n'est pas habituellement destiné à être exhibé. Car la disparition progressive du gilet a, certes, compliqué la chose : peut-on ôter sa veste et offrir des bretelles bariolées à la vue des collègues de bureau ? Les Américains, qui savent s'affranchir des usages avec plus de facilité que leurs cousins britanniques, n'ont pas notre embarras à dissimuler à tout prix une paire de bretelles à motif regimental.
De plus, est-il plus seyant de voir briller une grosse boucle de ceinture siglée ? Quant au mouvement qui, afin de remonter à son niveau optimal un pantalon victime de l'attraction terrestre, consiste à se contorsionner dedans pour le faire glisser vers le haut, l'utilisateur de bretelles en sera avantageusement dispensé.
Toutefois, pour les tenues décontractées – jean ou chino –, la ceinture reste de mise. Bien entendu.
